lundi 3 novembre 2014

ENVERS ET CONTRE TOUT


La France traverse une période faste. Plein emploi, croissance à deux chiffres, impôts aux plus bas, budget à l'équilibre, dette à 50% du PIB. Elle peut se permettre de choisir ses investissements, ses aménagements, sa politique énergétique durable, son modèle d'agriculture, l'équipement de sa défense et son modèle social équitable. 
Elle peut pêle-mêle refuser l'exploration des gaz de schiste, les métropoles, un aéroport international à Nantes, la construction de tours dans Paris, les OGM, l'huile de palme, le travail le dimanche, le périf d'Avignon, le TGV Lyon-Turin, la réforme territoriale, la retraite à 65 ans, la baisse des allocations familiales, et même arrêter les travaux d'un barrage d'irrigation pas plus grand que ma piscine pour sauvegarder trois oiseaux, une grenouille à tête zébrée et 4 espèces de larves de mouches uniques au monde ! 
Pendant ce temps le reste du monde se partage en deux. Une partie crève de faim et aimerait bien un barrage pour avoir de l'eau, un aéroport pour qu'on vienne les voir et travailler le dimanche et les jours fériés (mais ils n'ont pas de jours fériés ....) ou même ne recevoir que 67 euros d'allocations familiales pour deux enfants, c'est l'équivalent de 3 mois de leur salaire ....
La deuxième partie du monde se rapproche à grand pas de nous et commence à nous dépasser sans clignotant, par la droite, sur la bande d'arrêt d'urgence. 
Pour essayer de garder notre place dans cette course mondiale dépêchons nous de ne rien faire, de réfléchir, d'attendre, de se regarder le nombril, d'être contre tout et son contraire. Restons dans nos 36000 communes, agglos, départements, régions. Multiplions les normes, les recours, les principes de précautions. Faisons valoir nos droits si chèrement acquis et délaissons nos devoirs envers les générations futures. Laissons un pays ballotté par l'Europe et asphyxié par son ego. 
Certains pourraient penser que nous courrons à la catastrophe. Mais non monsieur, voyons ! La France ruinée c'est comme le Front National, ça ne peut pas arriver...