mercredi 17 avril 2013

Le choix des morts


L'horreur et l'inhumain ont refait surface aux USA cette semaine. Des innocents fauchés pour des raisons obscures et toujours incompréhensibles. Toutes aussi incompréhensibles que celles qui poussent des fanatiques à tuer à l'aveugle au Pakistan, en Irak ou en Iran. Mais les morts du Moyen Orient ou d'Asie ne sont pas tout à fait les mêmes que ceux de Boston, NewYork ou même Madrid et Londres. Il y a quelque chose d'indécent à classifier les malheurs, à les graduer sur une échelle virtuelle et sentimentale selon le lieu où ils se produisent ou selon les populations touchées. Sur un baromètre purement macabre et comptable, pourquoi les 3 morts de Boston valent médiatiquement plus que les 30 morts de Peshawar le même jour au Pakistan ? Dans un cas l'ouverture des journaux, les politiques du monde entier révoltés, les opinions occidentales bouleversées, dans l'autre quatre lignes en fin de journal, une dépêche sur internet noyée au milieu de Nabila et du PSG. On choisit nos morts en fonction de l'importance qu'ils ont pour nous. Quelques palestiniens assassinés, quelques Israéliens bombardés ou Syriens exterminés font partis du quotidien des médias occidentaux et sont simplement le bruit de fonds de nos informations. Boston, Londres ou Toulouse ne sont que des parenthèses désenchantées qui nous permettent de nous offusquer, de toucher du doigt l'atrocité que des millions de gens hors de nos contrées vivent tous les jours depuis des années. La guerre de 1940 - 1945 a été notre dernière souffrance collective, notre ultime horreur. Les générations qui en ont quelques lointains souvenirs s'effacent petit à petit et laissent place à une inconscience collective persuadée de ne plus vivre dans le même monde. Les gouvernants occidentaux ont réussi à déplacer les conflits loin de nos frontières ou s'efforcent, comme au Mali, qu'ils n'arrivent surtout pas sur les bords de nos plages ou dans nos villes fleuris. Au fond, les morts que l'on ne voit pas n'existent peut être pas ?
Pendant ce temps il nous reste juste à nous entretuer pour ou contre le mariage gay.....



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