vendredi 11 décembre 2009

Charlotte qui ?


Cette semaine Charlotte Gainsbourg sort son deuxième album concocté par Beck. Un album forcément merveilleux, poignant, bon musicalement, dans la lignée d'une éducation musicale irréprochable, digne de son père, encensé par les médias. C'est ici tout le problème. Pourquoi les médias adorent le nouvel album de Charlotte Gainsbourg? Le précédent était sympa, cool, sans grande trouvaille mais agréable, avec un seul "tube", une bonne copie du Bonnie and Clyde de papa. Pas de quoi casser trois pattes à un canard. Ce même canard peut encore dormir sur ses deux oreilles, il ne perdra toujours pas ses pattes à cause de cet opus de pop britannique loin de décoiffer. Beck, a qui l'on doit autant à la chanson que Cyril Lignac à la gastronomie, va tranquillement arrondir son portefeuille avec un CD tout cuit qui, quelque soit sa qualité, va recevoir un accueil triomphal des Taratata, France Inter, Le grand journal et autre Rock and Folk pris dans un béni oui oui incompréhensible. Il suffit d'écouter, ou du moins d'essayer d'écouter la voix de Charlotte en live et on comprend vite l'ennui qui peut gagner un public non discipliné comme dans une émission de télévision. Et d'entendre des journalistes affirmer , après un passage poussif dans un show promo télé, que la voir prochainement sur scène est une évidence. Ils n'ont pas d'oreilles ou bien ? Mlle Gainsbourg est même obligée de tempérer leur enthousiasme en avouant vouloir "essayer" de chanter sur scène, comme un aveu d'impuissance à combler l'espace d'une salle de concert avec une voix et une musique à faire dormir les passagers d'un ascenseur. Elle s'excuserait même d'être présente sur scène tant sa gène est évidente. C'est sûrement de la pudeur et c'est tout à son honneur mais soyons tout de même critique même si c'est la fille de. Comme si on trouvait les enfants de Coluche drôles parce qu'ils sortent un vanne de Toto. Quand on voit miss Gainsbourg on ne peut empêcher la comparaison avec Jane Birkin mais il y avait au moins chez maman un peu de légèreté, de gaieté et de dérision dans les chansons de Serge qu'elle a usées jusqu'à la moelle. Avec Charlotte on surfe médiatiquement sur le passé musical envolé de papa en essayant de nous vanter la soit disante qualité de son album. Et bien non ! Ce n'est pas mieux ou moins bien qu'un album de Carla Bruni. C'est moyen et il faudrait avoir la décence de le dire par respect au moins pour les artistes de qualité qui se lèvent tous les matins en étant seulement les enfants de leur père, inconnu du grand public.

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