vendredi 15 mai 2009

Après l'hôpital, à qui le tour ?

La lecture d'une interview dans le Monde du 15/05/09 de Jean Loup Durousset, président de la Fédération Hospitalière Privée laisse pantois. Surtout quand on travaille à l'hôpital "public", le vrai ! Pas celui que l'on veut nous vendre sous l'appellation, "Hôpital privé". Un hôpital privée est simplement une clinique. Une entreprise qui veut faire des profits, se développer et prendre les parts de marché des autres. Dans cet article, ce cher monsieur nous explique pourquoi il est d'accord avec la loi Bachelot. Il est d'accord parce qu'il va gagner encore plus d'argent. Parce qu'on va déléguer des missions de service public au privé, parce qu'ils vont faire de l'urgence, du soin de proximité, de la formation de médecins. En plus, Sarkozy son ami ( je ne crois pas qu'il existe en France un pharmacien ou un directeur de clinique de gauche !!), réduit le personnel hospitalier pour accentuer le phénomène et laisser croire que l'hôpital public ne peut plus assumer toute ses missions. Et c'est vrai : l'hôpital ne peut plus assumer ses missions faute de moyens humains surtout et pendant ce temps là, le privé se gave. En tant que patient, si vous avez vraiment de l'argent vous serez soignés sans soucis. Par contre si vous n'en avez pas vous resterez en dehors du système de soins et le privé vous fera bien patienter jusqu'à ce que vous ayez les moyens de payer. Vous serez alors admis dans des services de soins très jolis avec des infirmières espagnoles, roumaines ou portugaises qui ne comprennent pas votre langue quand vous demandez à l'aide, vous serez opéré par un chirurgien aux dents blanches qui vous demandera 1500 euros de dépassement d'honoraires, on vous refera des analyses que vous aviez déjà faites dans le public mais qui rapportent beaucoup, on vous hospitalisera 1 semaine au lieu de 3 jours, pour défrayer plus de jours d'hospitalisation, on facturera 2 patients pour un même lit d'hospitalisation sur une journée et si vous êtes vraiment mal en point et que vous risquez votre vie, on appellera le SAMU pour vite vous rapatrier sur le CHU le plus proche pour que vous ne décédiez surtout pas dans la clinique, ça ferait une très mauvaise publicité !
Monsieur Durousset affirme aussi bien fort que les soins privés ne sont pas aussi rémunérateurs qu'on veux bien le dire car les cliniques sont dans un système régulé par l'état avec des tarifs cloisonnés et fixes. Quid des dépassement d'honoraires, donc ? Et n'est il pas confortable pour une entreprise de savoir que son chiffre d'affaire est garanti par l'état et la sécurité sociale, sans risque d'impayés? Quelles entreprises privées peuvent en dire autant ? On a du mal à financer des hôpitaux et pendant ce temps les banques ouvrent grand les bras à des pharmaciens, biologistes, cliniciens pour développer leur activité vierge de tout impayé : Royal !
Monsieur Durousset se demande aussi sur le site de la FHP, comment il va pouvoir augmenter les salaires dans le privé alors que la conjoncture est mauvaise, le pôvre.... Mais quand il recoit Mme Bachelot par exemple en décembre 2007, dans le cadre des rencontres de la FHP, il invite tout son beau monde à une soirée de gala avec un apéritif-croisière au fil de l’Erdre, suivi d’un dîner au Château de la Poterie à la chapelle-sur-Erdre. Ca coûte un max ce type de sauterie, hein, Jean Loup ?

Tout ce remue ménage public privé me fait penser à la réforme de la publicité à la télévision. Durousset-Copé même combat : moins de pub sur France Télévision et la télé privé se frotte les mains. Moins de soins dans le public et le privé se roule parterre !
C'est bizarre : quand on parle du coût de la médecine en France on parle toujours de l'hôpital public mais jamais du secteur privé du soin qui engrange des sommes colossales sans être trop inquiété. Et ne croyons évidemment pas que tout ceci profite au petit personnel....
Sarkozy n'a pas fini son entreprise de démolition pour faire plaisir à ses petits copains et les engraisser encore pendant 2 ans ! Putain, 2 ans !

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