lundi 17 novembre 2008

Tournicoti, tournicota

La commission européenne vient de renoncer d'exiger la calibration des fruits et légumes. Incroyable ! .......Incroyable qu'on ait pu envisager de légiférer sur un tel sujet. Il est évident que les modes de commercialisations "modernes" des grandes surfaces et la culture du toujours plus beau exigent des tomates bien rondes, des courgettes identiques et des pommes calibrées au plus fin mais on marche sur la tête. A l'heure où la société prend enfin conscience d'un minimum écologique, on voudrait imposer encore plus de mesures, de calibres et autres modèles pour une sacro sainte uniformité. Bêtise.....
On ne compte plus les AMAP, les petits producteurs bio, les modes de consommations différents, le succès des marchés, des halles, des salons sur la bouffe et la mal bouffe et on voudrait nous faire acheter des fruits en plastiques et des légumes en caoutchouc? Mais rendez nous les tomates biscornues de mon enfance, les patates en forme de coeur ou de zizi, les fraises mures et juteuses, les pommes du mois de septembre, les aubergines entortillées et les petites carottes du jardin. Et surtout ne les jetés plus, parce qu'en ce moment les industriels du potager jettent les "mauvais" fruits, ceux qui n'ont pas eu la bonne idée de bien pousser, bien droit, bien long, bien rond.....Bien cons oui ! Tous ces technocrates, comme disait Coluche, qui nous imposent des stupidités sans nom. C'est la même chose pour les fromages : le combat continu ! Je veux des chèvres coulants, des bleus puants, des St Nectaire, des Camemberts au lait cru et des Roqueforts reluisants. Une petite mémé que j'ai connue faisait des tomes d'Auvergne avec 12 litres de lait cru par fromage. Ensuite elle les laissait se "faire" plusieurs mois dans une vieille cave à fromage avec des moisissures improbables, sur des étagères de hêtres, le tout pour un résultat époustouflant. Elle les vendait mais Barosso et compagnie lui ont interdit : pas assez d'hygiène, de contrôles, d'emballages plastiques, de thermomètre et j'en passe. Elle n'a jamais compris, mais nous avons continué de lui en acheter quand nous étions en vacances et on avait ce doux privilèges d'être les seuls à en manger. Elle est morte à 96 ans de sa belle mort, sûrement parce qu'elle avait trop mangé de légumes de son jardin, de fruits du verger non traités, de lait entier de ses vaches, de salades remplies de vers de terre et de sa merveilleuse tome. Si je peux choisir je veux bien la même mort.

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